Bon à savoir :
Lutter contre la crise exige beaucoup d’énergie et de volontarisme. Encore faut-il utiliser ces qualités à bon escient, pour agir efficacement et ne pas se disperser. Cela pose au premier chef la question de l’information disponible et de sa bonne utilisation par le dirigeant. Or, le volume et la technicité des informations pertinentes sont trop vastes pour permettre au dirigeant de s’y repérer seul. D’où l’intérêt de consulter des experts internes ou externes à l’entreprise.
En pratique :
1- Catégorisez le type d’information requise et évaluez votre capacité à l’obtenir, soit par vos propres moyens, soit en vous appuyant sur des expertises internes à l’entreprise ; si votre démarche est hésitante, le résultat obtenu incertain, les délais de prise d’information démesurés, alors vous pouvez être sûr que vous mettez en danger votre entreprise ;
2- Recourez aux services d’un ou plusieurs experts extérieurs à l’entreprise, qui vous aideront à vous poser les bonnes questions, et sauront y apporter les bonnes réponses. Ce service peut occasionner une dépense non négligeable, malvenue en période de disette : pourtant, n’hésitez pas à débourser un peu d’argent si cela vous permet de mieux maîtriser vos paramètres de décision;
3- Ne négligez pas les organismes publics : inspections du travail, tribunaux de commerce, URSSAF. Même s’il n’est pas toujours facile d’entrer en contact avec le bon interlocuteur, des agents très compétents peuvent vous fournir des conseils décisifs. N’hésitez pas non plus à vous déplacer directement sur place. Des résultats très concrets peuvent être escomptés : validation du chômage partiel, négociation d’un étalement de dettes sociales et fiscales, conseils précieux sur la manière de bâtir un plan de licenciements…
4- Cette attribution est méconnue, mais le tribunal de commerce peut jouer un précieux rôle d’alerte et de conseil auprès du dirigeant, si les risques pesant sur votre activité sont jugés suffisamment sérieux. Cette prérogative dite de « prévention » s’exerce à l’initiative du président du tribunal lui-même, ou du chef d’entreprise. Le dispositif de prévention peut conduire à la désignation d’un tiers (administrateur ad hoc ou conciliateur), qui aide le dirigeant dans sa gestion de crise et peut, le cas échéant, négocier avec les principaux créanciers de l’entreprise ;
5- Les fédérations professionnelles et les syndicats patronaux sont également des sources d’information vers lesquelles se tourner. Toutes les organisations ne disposant toutefois pas du même niveau d’information, ni des mêmes expertises, mieux vaut parfois se tourner vers des réseaux d’entrepreneurs spécialisés, tel l’association Recréer, qui réunit des chefs d’entreprise ayant connu l’épreuve – initiatique ? - du dépôt de bilan.
Alerte rouge !
Lorsque vous avez le sentiment de pouvoir traiter par vous-même une question pour laquelle vous ne disposez d’aucune expertise avérée.
A retenir :
S’appuyer sur les conseils d’experts est autant une marque d’humilité qu’un gage de responsabilité. Aucun chef d’entreprise ne peut en effet prétendre maîtriser l’intégralité des informations requises pour prendre la bonne mesure au bon moment.
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